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Je ne serai pas candidat aux élections législatives de juin prochain. Après avoir longuement hésité, j'ai finalement pris cette décision difficile pour ne pas rajouter de la confusion à la confusion, de la division à la division, pour ne pas donner l'impression de m'accrocher à mon mandat de manière irrationnelle, pour ne rien faire qui puisse nuire à la réussite de la période qui s'ouvre. Lire la suite ...
Vendredi 17 mars : Contre-vérités et omissions, vieilles recettes d'une communication politique à l'ancienne.
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Lundi 28 novembre : La responsabilité des progressistes à l’épreuve d’une catastrophe annoncée.
28/11/2016

Ainsi donc François FILLON sera le candidat de la droite (et du centre ?) à l’élection présidentielle de 2017. Le vainqueur surprise de cette primaire est l’incarnation de la droite traditionnelle, ultralibérale du point de vue économique, la plus rétrograde  sur le plan sociétal, inquiétante pour ce qui est de la politique étrangère.

 

Dès lors, Marine LE PEN peut se réjouir. En effet, si par malheur, nous nous trouvions devant le duo FILLON-LE PEN au 2ème tour de la présidentielle, peu d‘électeurs de gauche se déplaceraient. Comment demander à un fonctionnaire, un laïque, un comptenteur de l’ordre moral, un électeur attaché à notre modèle social d’aller voter pour un candidat qui représente, à ce point, un retour de trente ans en arrière.

 

Pourtant, dans l’hypothèse probable d’une présence annoncée de l’extrême droite au 2ème tour, le candidat républicain qui l’affrontera, qu’il soit de droite, de gauche ou du centre, devrait avoir la responsabilité historique de s’ouvrir vers l’autre rive pour assurer le rassemblement républicain capable de faire barrage au danger absolu qu’est l’extrême droite. Malheureusement, François FILLON, avec ses positions très fermées et très droitières de plus en plus assumées, n’en prend pas le chemin.

 

A gauche, peut-on continuer à jouer avec le feu, à préparer l’après 2017 comme si l’alternance était anodine, à se résigner à voir la France gouverner par la droite la plus réactionnaire et austère ou l’extrême droite décomplexée ? Devant cette perspective, le camp de la gauche et plus largement celui des progressistes doit se ressaisir.

 

L’indéniable succès de la primaire de la droite (forte participation, casting de haut niveau, débats maitrisés) va nécessairement déclencher un effet miroir sur la primaire de la gauche, qui aura bien du mal à relever le défi. D’abord parce que au moins trois candidats qui auraient pu y participer (MACRON, MELENCHON, PINEL) ont décidé d’en faire l’impasse, ensuite parce que au sein même des participants, le soutien au vainqueur s’avère des plus aléatoires.

 

La gauche est en voie de déliquescence : la gauche de la gauche a trouvé son leader aux accents castristes en la personne de Jean-Luc MELENCHON qui préfère les outrances de tribunes aux difficultés de la réalité. Les communistes viennent de l’adouber, au risque de porter un coup fatal  à leur parti et à leur identité. A l’inverse, le Parti Radical de Gauche (PRG) choisit la tentation groupusculaire en présentant une candidature qui s’affranchit des primaires et dont la seule conséquence sera de retirer 2% au candidat de la gauche de gouvernement.

 

Cette gauche de gouvernement qui, pourtant, a rarement eu une responsabilité historique aussi importante. La responsabilité, pour la France et les Français, d’être présente au 2ème tour, de prendre la tête d’une alliance des progressistes de tous bords pour nous éviter la régression d’un choix FILLON-LE PEN et au final, écarter du pouvoir l’extrême droite dont on a tendance à banaliser les dangers.

 

Je pense que le Président de la République n’est plus en capacité d’être candidat. Son bilan est positif et sera réévalué par le temps qui passe : il aura baissé le déficit des comptes publics, remis à l’équilibre les comptes de la sécurité sociale et maintenu les piliers du modèle social français. Mais il souffre d’un désaveu populaire, peut être injuste mais massif et à mon avis irréversible qui tient au défaut d’incarnation à la fonction qu’il a lui-même suscité.

 

Emmanuel MACRON a compris la nécessité d’une recomposition politique qui substitue à l’opposition stérile droite-gauche, un nouveau clivage progressistes-conservateurs. Il a par ailleurs saisi les principaux enjeux nouveaux qui doivent transformer notre rapport à notre société en mouvement : la révolution numérique, le rapport au travail, la nécessité écologique, la refondation de l’Europe.

 

Manuel VALLS prouve jour après jour ses qualités d’homme d’Etat. Il correspond par ailleurs à ce qu’attendent les Français, c’est-à-dire une certaine incarnation d’une expérience, d’une solidité et d’une autorité nécessaires face aux dangers de ce monde trouble et violent qui nous entoure. Il a toute légitimité à vouloir casser la mécanique de la défaite annoncée.

 

Me définissant comme « macrono-vallsiste », je regrette que ces deux personnalités ne parviennent pas à s’entendre et à dépasser les quelques sujets qui les opposent, en particulier celui de la laïcité. Au fond, ils défendent la même vision du pays basée sur l’adaptation nécessaire de notre organisation aux évolutions économiques, technologiques et sociales et le renforcement de notre compétitivité pour mieux garantir notre modèle social.

 

Les jours qui viennent permettront enfin de préciser l’offre politique présente à l’occasion des présidentielles. Je forme le vœu que la situation sans précédent que constitue une victoire possible de l’extrême droite dans notre pays, la France, amène chacun à prendre les bonnes décisions, en conscience et en responsabilité.     

 

En ce qui me concerne, et comme je l’ai annoncé depuis longtemps, je me déterminerai doublement à la fin de l’année. D’abord pour indiquer le candidat derrière lequel je m’engagerai pour la présidentielle, ensuite pour indiquer si je serai ou pas candidat pour un deuxième mandat de député du Cantal à l’occasion des législatives de juin prochain.