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Mercredi 21 septembre - L'heure d'une recomposition politique n'est-elle pas venue ?
21/09/2016

La rentrée politique s’avère des plus confuses. L’implosion du paysage politique se produit sous nos yeux. Les partis politiques sont déchirés et discrédités. L’offre politique proposée aux Français n’a jamais semblé aussi éloignée de leurs attentes.

Dans ces moments mouvants, propices à toutes les dérives, le manque de repères accentue l’inquiétude et le désarroi de nos concitoyens. Ceci est d’autant plus vrai que le contexte international et économique rend difficile l’art de gouverner et d’expliquer le sens de l’action gouvernementale.

Alors que le terme de ce quinquennat approche, il faut être lucide sur le bilan. Durant les quatre dernières années, notre pays a été confronté à des défis d’une ampleur inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Défi économique, avec un ralentissement de la croissance mondiale, un risque de dislocation de la zone euro, des révolutions technologiques sans précédent redistribuant les cartes dans de très nombreux secteurs. Défi social, avec un chômage de masse à des niveaux sans précédent (plus de 3,5 millions de personnes), avec un fracture de plus en plus profonde entre des « insiders » bien intégrés dans la société et des « outsiders » se sentant exclus du pacte républicain. Défi du terrorisme enfin, avec la multiplication des attentats et cette menace qui pèse désormais sur chacun des actes de notre vie quotidienne : boire un verre en terrasse, se rendre à un concert, assister à une cérémonie religieuse.

La France a su répondre aux rendez-vous que l’Histoire lui a donnés pendant ces quatre ans. La lutte contre le terrorisme à l’extérieur comme à l’intérieur, la réussite de la Cop 21, la remise en compétitivité de notre économie, la baisse des déficits publics tout en garantissant l’essentiel de notre modèle social sont à mettre à l’actif du Président de la République et du gouvernement.

Mais il faut aussi reconnaitre que ceci a du mal à être compris. L’incapacité à expliquer la cohérence de l’action gouvernementale, la peur d’assumer totalement les choix de politique économique, et les critiques outrancières, systématiques depuis le premier jour du quinquennat venues des frondeurs et de la gauche protestataire ont sapé notre capacité de pédagogie et de conviction.

Je pense que l’exercice du pouvoir n’avait pas été suffisamment préparé avant 2012 et que la synthèse réussie par François Hollande nécessaire à la victoire cachait artificiellement des désaccords profonds qui éclatent face aux réalités. Au moment où les priorités et les stratégies s’élaborent pour 2017, il me parait donc que l’heure de la clarification et de la recomposition politique est arrivée.

L’enjeu, ce n’est pas une synthèse bricolée des socialistes d’un côté ou le degré d’alignement de la droite sur les thèses du Front Nationale de l’autre. L’enjeu, c’est un rassemblement républicain pour répondre aux défis du pays.  

Qu’observons-nous en effet ?

Une gauche incapable de s’entendre sur l’Europe, sur l’adaptation de notre économie aux évolutions de l’« uberisation », de la mondialisation et de la métropolisation. Comme Manuel Valls, je pense que la gauche du réel, celle dont je me réclame, celle qui affronte la complexité du monde et l’exercice du pouvoir ne peut plus se réconcilier avec la gauche tribunitienne qui n’a, en fait, jamais abandonné la lutte des classes et les logiciels politiques du siècle dernier. De l’autre côté, on assiste à l’irrésistible ascension d’une droite dure qui organise la porosité avec le Front National. Les récentes déclarations aussi désolantes que malsaines de Laurent Wauquiez qui s’oppose à ce que notre région de presque 8 millions d’habitants accueillent 1800 migrants chassés de leur pays par la guerre ou la dictature en est une illustration parmi d’autres. Je suppose (j’espère) que nombre d’humanistes de droite ou du centre se sentent mal à l’aise et redoutent de se faire aspirer par l’émergence de ce bloc réactionnaire, Sarkozy – Le Pen, dangereux pour la République et qui malheureusement peut constituer le non choix du 2ème tour des présidentielles.

Alors que faire ?

Je pense que l’élection présidentielle peut être l’occasion d’une recomposition politique dont je suis sûr qu’elle est attendue par une majorité des Français. Pouvons-nous trouver entre tous les progressistes un consensus sur une modernisation profonde de nos institutions (proportionnelle, non cumul…), sur une vision commune de la redéfinition de cette Europe en déliquescence et pourtant si nécessaire, sur la nécessité de placer comme un enjeu central le défi écologique et climatique, sur la nécessité de travailler à la fois sur la libéralisation et l’adaptation de notre économie et la protection de notre modèle social ? Ce consensus ne nierait pas nos différences pas plus qu’il ne nierait le débat démocratique, mais il porterait sur l’essentiel : la défense de la République.

Face à la gravité des enjeux, la construction de ce rassemblement du camp républicain est indispensable pour empêcher la victoire du bloc réactionnaire. Une gauche capable de se dépasser, suffisamment forte et ouverte, peut prendre l’initiative de ce rassemblement qui doit être à la hauteur de sa mission, que je qualifierais d’historique, pour préserver notre République et notre état de droit, pour réaffirmer une espérance face à tous les conservateurs qui prospèrent dans le déclinisme, le populisme et les amalgames et pour poursuivre le redressement du pays au service du progrès et de la justice.