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Lundi 14 décembre - Régionales : Analyse et perspectives à chaud.
14/12/2015

Au plan national et à première vue, tout le monde a perdu : le FN n’est pas parvenu à conquérir une région, la droite en gouvernera 7 dont 3 grâce aux voix de gauche et le PS en sauve 5. Une lecture plus fine des résultats montre que le grand gagnant est néanmoins le FN car la carte de France métropolitaine qui ressort de ces élections (7 régions bleues et 5 roses), reflète une France artificielle, celle du Front Républicain qui cache un nombre de voix jamais atteint par le FN : près de 7 millions de suffrages.

On pourrait croire que le FN n’arrivera jamais à prendre le pouvoir. Grave erreur. Erreur d’autant plus grave si cette carte virtuelle nous amène à continuer comme si de rien n'était. 7 régions à droite, 5 à gauche, où est le problème ? Ce risque de déni est mortifère et nous risquons de le payer cash en 2017.

Alors que faire ?

Bien sûr, la première exigence est celle des résultats sur le plan économique et social avec la baisse du chômage comme indicateur principal. C’est le préalable à toute reconquête. Mais au-delà, je pense aussi que les électeurs, en particulier les abstentionnistes et les jeunes, demandent des changements profonds dans la pratique politique des partis républicains : ouverture à la société civile, démocratie participative, renforcement du non-cumul des mandats, renouvellement du personnel politique. Il faudra bien aussi changer de mode de scrutin et recourir à une forme de proportionnelle. L’Assemblée Nationale ne peut durablement justifier, sans que la confiance des Français envers leurs institutions ne soit encore plus altérée, que le FN ne soit représenté que par deux députés sur 577 alors qu’il représente presque un tiers des suffrages exprimés.

La République et ses valeurs doivent être aussi au centre de cette remise en question. Quelle place pour les religions, en particulier l’islam ? Quelle laïcité dans nos villes et villages ? Cette cohésion républicaine autour des valeurs historiques de notre pays sera difficile tant on voit, chez « les Républicains »  des propos ou comportements qui leur tournent le dos. Oui au front républicain, mais avec ceux qui sont clairs avec l’extrême droite. De ce point de vue, la droite doit faire son introspection de clarification rapidement.

Enfin, il faut que tous les responsables politiques s’éloignent de la facilité de la caricature, du simplisme et de la démagogie. Oui les choses sont complexes, oui c’est le dialogue qui fait avancer, oui le compromis est nécessaire, oui le souci du long terme doit dépasser l’immédiateté télévisée, oui il faut condamner les corporatismes plutôt que les flatter.

Au plan régional, Laurent Wauquiez a remporté une incontestable victoire, plus large que prévu. Bien que très déçu pour Jean-Jack Queyranne et son équipe, nous devons, en républicains, souhaiter la réussite aux vainqueurs pour la gestion de la nouvelle grande région. Nous observerons avec vigilance la mise en place des promesses de la nouvelle majorité en particulier pour ce qui concerne le Cantal : le nombre de kilomètres de routes financés par la Région ou la résorption des déserts médicaux par exemple. La promesse de ne pas augmenter les impôts sera la plus facile à tenir puisque la Région ne lève pas d’impôts sur les ménages. Nous verrons aussi si le nouveau président de Région s’y consacre pleinement comme il l’a promis ou si ses ambitions nationales le rattrapent comme je le pense.

Pour ce qui concerne la Cantal, le résultat est sans appel. C’est en effet dans notre département que l’écart entre « Républicains » et Socialistes est le plus fort (52% contre 32%) après la Haute-Loire et la Vendée. Malgré une résistance correcte du PS, c’est le relatif faible score du FN qui explique cet écart. La proximité géographique de Laurent Wauquiez, sa présence répétée dans le Cantal pendant la campagne ont certainement été des éléments déterminants. La gauche a pâti de la faiblesse des partenaires du PS (9% au 1er tour) sans parler de l’inconcevable attitude du PRG, incapable de choisir entre le PS, MM. Wauquiez et Marleix, et le FN !! Il s’agit là d’une faute politique et morale extrêmement grave, même si elle est anecdotique du point de vue électoral.

Il est toujours difficile de procéder à l’analyse d’un scrutin à chaud, quelques heures après le dépouillement. Dans quelques jours ou quelques semaines, le recul du temps permettra d’y voir plus clair. Ce scrutin était le dernier avant l’échéance des présidentielles de 2017. Je pense que le FN est aux portes du pouvoir tant son influence électorale ressemble à une lame de fond qui ne s’est pas arrêtée hier. Outre les résultats économiques et sociaux et les changements de pratique politique que j’évoquais plus haut, je continue plus que jamais de penser qu’une recomposition politique est nécessaire même si je crains qu’elle ne soit pas possible avant 2017. A droite, la clarification doit se faire entre une ligne Juppé-Raffarin républicaine humaniste et européenne et une ligne Sarkozy-Wauquiez intolérante, dure, dont l’inspiration est proche des thèses frontistes.

A gauche, les résultats du 1er tour ont montré qu'un coup de barre à gauche n'était pas souhaité. Il faut donc affirmer plus encore et assumer pleinement, à l'instar de Alain Rousset ou Jean-Yves Le Drian, la ligne sociale-démocrate pour assurer la compétitivité de l'économie tout en préservant notre modèle social. 

Dans ces circonstances particulières, une convergence des modérés des deux camps pourrait s’avérer la solution la plus efficace économiquement, la plus protectrice socialement, la plus rassurante face aux menaces terroristes, la plus à même de rassembler les Français pour que vive la République.