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Mardi 17 novembre : Au lendemain du Congrès de Versailles et trois jours après l'horreur
17/11/2015

Hier, devant le Congrès réuni à Versailles, le président Hollande a délivré un grand discours de vérité, de responsabilité et de lucidité. Pointant tous les enjeux de la situation exceptionnelle que nous vivons, il a détaillé les initiatives et mesures que va prendre la France.

1)      Sur le plan international :

  • Demande d’une réunion dans les meilleurs délais d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour lutter contre le terrorisme ;
  • Travailler à une grande et unique coalition anti-Daech, avec des rencontres dans les prochains jours avec les présidents Obama et Poutine,
  • Renforcer dès à présent les interventions aériennes contre les postes de commandement et d’entraînement de Daech en Syrie.

2)      Au plan européen :

  • Demande aux Etats membres de l’Union européenne aide et assistance comme le prévoit l’article 42.7 du Traité sur l’Union européenne lorsqu’un Etat membre est agressé ;
  • Demande à l’UE de mettre en place de façon coordonnée et systématique le contrôle aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe ;
  • Mise en place d’un plan d’action européen contre le trafic d’armes.

3)      Sur le plan intérieur :

  •  Prolongation de l’état d’urgence pour 3 mois avec modification de son contenu par un projet de loi discuté dès jeudi 19 à l’Assemblée ;
  • Réforme de la Constitution pour qu’au-delà de ces 3 mois, la France puisse se doter des moyens de lutter efficacement et dans la durée contre le terrorisme de guerre ;
  • Permettre la déchéance de la nationalité française des binationaux ;
  • Interdire l’entrée en France d’un binational présentant un risque terroriste ;
  • Dissoudre groupes et associations qui provoquent la haine ou incitent aux actes terroristes ;
  • Saisir le Conseil d’Etat pour avis sur les propositions de l’opposition concernant la privation de liberté pour les individus fichés « S » ;
  • Créer 5000 emplois de policiers et de gendarmes (ce qui, avec les 5000 postes déjà créés depuis 2012, permettra de retrouver le niveau de 2007), 2500 postes dans la Justice et 1000 emplois de douaniers ;
  • Aucune diminution des moyens de l’Armée jusqu’en 2019 ;
  • Création d’une garde nationale, formée de réservistes militaires.

De ce grand discours, sur la forme et le fond, je tire un sentiment de fierté. Fierté pour notre pays qui est en permanence en première ligne, parfois bien seul, face à l’ennemi en dépit d’une frilosité coupable de l’Europe. Où sont nos alliés européens au Mali, en Syrie ? Que seraient devenus les pays du Sahel sans l’intervention française en 2013 ? Quelles auraient été les conséquences d’un contrôle de ces pays par Daech et ses affidés ?

J’ai également le sentiment d’une inflexion de la part du Président vis-à-vis de la Syrie. Certes, la solution n’est pas Assad mais « notre ennemi, c’est Daech. Il ne s’agit pas de contenir mais de détruire cette organisation. » Encore une fois cependant, c’est la coalition internationale, y compris avec la Russie, qui y parviendra.

Enfin, j’ai la conviction que le président Hollande veut se doter de moyens institutionnels, juridiques et financiers pour faire la guerre au terrorisme sur notre territoire. Garantir l’État de droit tout en luttant sans merci et dans la durée contre le terrorisme de guerre, voilà le défi qu’il nous propose.

Tout ceci va grever les finances publiques, d’où cette phrase du chef de l’État : « Dans ces circonstances, je considère que le Pacte de Sécurité l’emporte sur le Pacte de Stabilité ». J’espère que chacun, collectivités, Etat hors sécurité et justice, groupes d’intérêts, comprendra, une fois l’émotion retombée cette priorité budgétaire absolue.

J’espère que l’Europe, dont les Etats membres sont beaucoup trop en retrait sur le plan militaire, tiendra compte des dépenses que la France consent pour elle, sa Liberté, son intégrité, lorsqu’elle aura à se prononcer sur notre déficit budgétaire, ce qui serait un acte de solidarité tangible et concret.

Trois jours après le carnage de vendredi dernier, je voulais aussi insister sur trois points :

La vigilance, d’abord, car le 13 novembre est une réplique, exponentielle certes, mais une réplique des attentats contre Charlie alors que plusieurs attentats de masse ont été déjoués ces dernières semaines. S’il faut tout faire pour éviter la répétition, cela peut malheureusement se reproduire demain, dans trois semaines, dans un an ou cinq ans, à Paris, en province, en Europe, dans le monde. Cette guerre sera longue, très longue, sur le terrain des commanditaires en Syrie ou en Irak comme sur les lieux des attentats, en France en particulier.

Le refus des amalgames, ensuite, car le jihad n’est pas l’islam et je pense aux musulmans de France qui souffrent doublement de la situation. A cet égard, je suis effaré par de nombreux commentaires qui apparaissent sur les réseaux sociaux. Sachons, ensemble, leur montrer qu’ils font partie intégrante de notre République laïque.

L’unité nationale enfin. Renoncer au débat démocratique, aux confrontations d’idées, à la controverse serait la pire des choses mais cet événement horrible doit inciter les responsables politiques de notre pays à une hauteur de vue nouvelle. Pas seulement une semaine ou deux, mais définitivement. Il y a des différences d’approche des réalités économiques, sociales, éducatives, fiscales mais il y a l’enjeu de notre modèle républicain, de notre démocratie. Comme je l’ai écrit avant les attentats dans mon billet du 28 octobre dernier, la préservation de ce qui fait notre République et ses valeurs fondatrices transcendent les divergences face au péril des dérives potentielles et incontrôlées qui nous menacent. Au lendemain du Congrès de Versailles et trois jours après l’horreur, c’est encore plus vrai.

Le grand discours prononcé par François Hollande a été ovationné debout par les 577 députés et 348 sénateurs comme le montre brièvement la vidéo ci-dessous.

En chantant la Marseillaise, très ému, j’ai fait mienne la phrase de Jacques Mézard prononcée quelques minutes plus tard à la tribune du Congrès au nom du groupe qu’il préside au Sénat : « Il y a des moments où l’on a envie de crier sans emphase avec toute la force de son être : Que vive la République ! »

Pour voir la vidéo, cliquez ici