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Mercredi 28 octobre : Pour un front républicain systématique, transparent, réciproque et assumé
28/10/2015

L’émergence du Front National à des niveaux très élevés fait redouter des situations où ce parti arriverait en tête du 1er tour des élections, mettant dans l’embarras les partis républicains qui se retrouveraient en deuxième et troisième position. Quelle attitude avoir dans ce cas ? Peut-on définir une stratégie ?

Le front républicain, c’est-à-dire le fait pour la formation arrivée en 3ème position de se retirer pour faire barrage au FN semblait être jusque-là une position partagée, en tout cas à gauche.

Le suivisme d’une partie de « Les Républicains » derrière les thèses du FN, la difficulté de certains leaders de droite à se démarquer clairement des propos les plus extrémistes, ont rebattu les cartes. Il est vrai qu’au-delà du tripartisme (gauche, droite, extrême droite), on voit bien qu’une autre frontière existe qui divise la droite en deux : la droite dure, qui souhaite former avec le FN un bloc réactionnaire, et la droite modérée qui continue de porter les valeurs humanistes de centre-droit.

De plus, on a le sentiment que tout rapprochement entre partis républicains renforce le FN qui crie à l’UMPS, à l’alliance des partis du « système » contre le seul parti de la rupture, qui serait le FN.

La gauche, singulièrement les socialistes, s’interrogent légitimement sur ces évolutions et les conséquences qu’elles peuvent avoir à court et moyen terme, de sorte que le front républicain, celui qui avait prévalu au 2ème tour des présidentielles de 2002 en faveur de Jacques CHIRAC contre Jean-Marie LE PEN, n’a plus le caractère d’évidence de l’époque.

Pour ma part, je pense que le débat sur la pertinence du front républicain est fondamental, non seulement pour les régionales pour lesquelles il arrive d’ailleurs bien trop tard, mais aussi pour la suite (présidentielles, législatives, municipales…). L’attitude à adopter doit être une position de principe, valable pour toutes les élections et structurante pour un électorat en quête de repères.

La position que je développe ci-dessous, personnelle et certainement minoritaire, est celle d’un front républicain systématique, transparent, réciproque et assumé.

Le Front National est un parti dangereux qui s’attaque aux fondamentaux des valeurs républicaines. Les conséquences d’une prise du pouvoir de ce parti sont imprévisibles et potentiellement catastrophiques. Personne ne peut savoir ce que ferait Marine LE PEN et ses amis d’une accession à l’Elysée ? Le Front National est aujourd’hui un danger absolu pour notre pays malgré toutes les tentatives de « dédiabolisation » qui ne peuvent faire oublier les ressorts fondateurs de cette organisation.

L’UMP devenu « Les Républicains » est un parti de gouvernement,  traversé par des influences très différentes, certes, mais qui défend la démocratie républicaine. Xavier BERTRAND est loin d’être ma tasse de thé, Christian ESTROSI encore moins, mais à mes yeux, ils font partie du pacte républicain et ne peuvent être comparés à Marine LE PEN et à sa nièce.

Je suggérerais deux types de front républicain, le premier  pour les scrutins uninominaux à deux tours (présidentielles, législatives…), le second pour les scrutins de listes à la proportionnelle (municipales, régionales).

Dans le premier cas, je suis partisan d’un front républicain sans faille qui consiste à se retirer entre les deux tours, à chaque fois que le FN est en tête et que l’on se trouve en 3ème position sans aucune chance de victoire au second tour. Ce retrait devrait s’accompagner d’un appel systématique à faire barrage au FN.

Dans le cas de scrutins à la proportionnelle, cette attitude est plus difficile à envisager. En effet, un retrait entre le 1er et le 2ème tour signifie l’absence totale du courant de pensée qui s’est retiré durant tout un mandat, dans l’assemblée concernée. Ceci est préjudiciable à l’expression démocratique, laissant le FN face à un seul des grands partis républicains et leurs alliés.

Une autre solution est le maintien de la liste arrivée en troisième position pour qu’elle puisse avoir des élus pour le mandat considéré mais cette attitude équivaut à contribuer à la victoire du FN. En tête au 1er tour, il ne manquerait alors pas de l’être au second. De plus, un maintien de la liste arrivée en 3ème position ne pourrait qu’affaiblir ses positions, un nombre important de ses électeurs préférant légitimement le vote utile (faire barrage au FN) au 2ème tour.

Il reste donc la fusion des listes entre le 1er et 2ème tour, au prorata des résultats du 1er tour, établie sur la base d’un programme de gestion technique de la collectivité concernée. Cette solution préserve la représentation de chaque courant de pensée et permet d’éviter la victoire du Front National. C’est cette solution du cordon sanitaire que je préconise.

Deux conditions préalables sont nécessaires.

D’abord, l’antériorité car il faut que tout ceci soit annoncé avant l’élection, bien avant le 1er tour.

Ensuite, la réciprocité car il est obligatoire que les deux grandes forces républicaines, PS et ses alliés d’une part, LR et ses alliés d’autre part, s’engagent clairement et sans ambiguïté dans la démarche. De ce point de vue, le moins que l’on puisse dire c’est que la droite doit clarifier son attitude, en faisant le tri préalablement entre ceux qui souhaitent faire alliance avec le Front National et ceux qui revendiquent une opposition farouche et durable avec ses thèses. Il faut également que la droite se départisse clairement du ni-ni (ni PS, ni FN) adopté le plus souvent par elle.

La question du front républicain n’est pas une question subsidiaire. En remettre les principes ou tout simplement l’opportunité entre les deux tours des régionales me semble accentuer la confusion et les manques de repère si préjudiciables à la participation électorale de nos concitoyens. Une position de principe claire aurait l’avantage de poser le décor électoral pour toutes les échéances qui arrivent, y compris 2017 et suivantes.

La position que je défends ne manquera pas d’attiser le discours frontiste sur la collusion entre PS et LR, les « partis du système » et donc,  peut-être de le renforcer à court terme, mais c’est l’honneur des républicains des deux bords de s’unir, malgré leurs divergences, pour un temps limité et sur un mandat précis, afin de faire barrage à la haine, l’affrontement et la xénophobie. A nous, ensemble, de l’assumer, sans honte et en toute transparence.