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Jeudi 23 juillet : Notre modèle agricole à la croisée des chemins.
23/07/2015

 Notre modèle agricole à la croisée des chemins.

 

J'ai participé, hier mercredi au soir, à la table ronde organisée à l'Assemblée Nationale autour de Stéphane Le Foll. Durant quatre heures, tous les acteurs de la crise agricole qui touche les filières bovine, porcine et laitière ont pu échanger publiquement sur le plan d'urgence annoncé par le gouvernement et les solutions structurelles à prendre à moyen et long terme.

Étaient présents autour de la table, les responsables des organisations agricoles (FNSEA, JA, Confédération Paysanne, Coordination Rurale, MODEF) les représentants des filières (FNB, FNPL, FNP), les représentants de la transformation, les coopératives (Coop de France) et les patrons des grandes enseignes (Intermarché, HyperU, Leclerc, Carrefour, Casino)

La discussion a porté sur le plan d'urgence salué par les producteurs, qui prévoit 100 M€ d'annulations de charges et 500M€  de reports, le fonds d'allègement des charges (FAC) étant porté à 50 M€. Les conditions d'accès à ce fonds seront assouplies dans les semaines qui viennent. Toutes les organisations sans exception ont loué l'engagement du ministre et sa volonté de trouver des solutions de contractualisation transparentes, équilibrées et durables dans les relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs. 

Le rapport du médiateur chargé de faire le point sur les engagements pris par les professionnels le 17 juin devant le ministre montre que les objectifs de hausse des prix sont presque atteints pour le porc mais qu'il reste la moitié du chemin à faire pour la viande bovine. Il indique que, si la grande distribution a globalement tenu ses engagements même si elle aurait pu se montrer plus "dynamique", les abatteurs apparaissent comme  les mauvais élèves de la classe.

Les solutions à long terme passent par une intervention plus affirmée de l'Europe notamment en matière de diminution des distorsions de concurrence mais aussi d'intervention en échange d'une régulation des volumes en particulier pour le lait. Sur ces sujets, le ministre s'est déclaré bien seul au sein d'une Europe de plus en plus libérale à l'image des gouvernements qui la composent.

Néanmoins, cette table ronde a montré que le marché intérieur pouvait être un débouché très important pour la production française et que les marges de progression étaient très importantes. A titre d'exemple, la restauration collective française importe de l'étranger 70% de la viande servie pour seulement 30% de viande française ! Administrations de l'Etat, comités d'entreprises, collectivités locales, restauration scolaire ont des progrès à faire.

La guerre des prix que se livrent les grandes surfaces à coup de publicité télévisée comparative est mortifère. Il faut changer de raisonnement, établir le véritable coût de production, y ajouter la rémunération méritée des agriculteurs et partir de ce coût pour établir le prix de vente en tenant compte des marges acceptables prises par les transformateurs et distributeurs.

En admettant par exemple que le coût de production et la rémunération des producteurs de lait conventionnel aboutissent à un prix de 36 à 40 centimes pour un litre, la répercussion en grande surface serait une augmentation de la brique de lait de 6 à 10 centimes. Et encore pourrait-on espérer qu'une partie de cette augmentation soit prise en compte par les enseignes dont les marges brutes progressent régulièrement.

Plus généralement et les discussions d'hier soir l'ont bien montré, le modèle agricole français est à la croisée des chemins. Ou on continue dans la course au modèle ultra-intensif de l'Europe du Nord par l’agrandissement des exploitations, l'augmentation des volumes, la généralisation des expériences type ferme des mille vaches, ou on préserve notre modèle qui assure l'emploi agricole dans nos territoires mais aussi la qualité des produits. L'agriculture cantalienne ne peut survivre que dans la deuxième hypothèse. Celle-ci est conditionnée par un retour de l'Europe vers plus d'intervention et de régulation mais passe aussi pour le marché intérieur par une prise de conscience des consommateurs. La qualité des produits, la préservation d'une agriculture certes compétitive mais qui poursuit des objectifs environnementaux et sociaux, tout cela a un coût et donc un prix. Si la nécessité de la préservation de ce modèle est partagée par les agriculteurs du département, y-a-t-il vraiment consensus de tous les acteurs, c’est-à-dire du producteur au consommateur, au niveau national ? La suite des événements nous le dira.

 

Dernière minute : Le Ministre Stéphane LE FOLL annonce une action spécifique sur le lait pour aujourd’hui jeudi et demain.

- échange dans la journée avec ses homologues belge, allemand et irlandais pour une initiative commune auprès de la Commission Européenne. Objectif : remontée des prix de l’intervention et limitation concertée des volumes produits.

- réunion à 18h avec les producteurs de lait

- réunion demain à 10h avec l’ensemble de la filière lait : producteurs, transformateurs et distributeurs.