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Vendredi 17 juillet : Visite d'une exploitation pour mieux comprendre la détresse des producteurs de lait
17/07/2015

A l'invitation de la FDSEA, je me suis rendu ce matin sur l'exploitation de Jean-Paul Peyral à  Siran où m'attendaient une trentaine d'agriculteurs ainsi que Joël PIGANIOL, secrétaire général de la FDSEA et Patrick ESCURE, Président de la Chambre d'Agriculture. Je pense en effet que rien ne vaut les discussions directes avec les premiers concernés pour comprendre les enjeux d'un problème. 

La question du prix du lait est cruciale pour les éleveurs qui, aujourd'hui, sont en passe de vendre leur lait à un prix inférieur au prix de revient. Chacun comprend que cette situation est intenable et que l'exaspération de nos agriculteurs est parfaitement justifiée ! Qui, en effet, peut accepter le fait de travailler à perte?

Cette situation relève de plusieurs facteurs internationaux, nationaux et locaux.

La fin des quotas laitiers d'abord, décidée avec l'accord du gouvernement précédent en 2008. Beaucoup pensaient que les débouchés internationaux, en particulier la Chine, absorberaient cette fin de la régulation et tous les pays producteurs se sont accrochés à cette ambition. Or, le marché chinois saturé, doublé de l'embargo russe, ont ruiné cet optimisme et la France a été bien seule au sein de l'Union Européenne à réclamer depuis plusieurs années une réflexion post-quotas. Il faut collectivement soutenir le ministre de l'agriculture qui souhaite relancer ce débat au sein de la commission Européenne pour retrouver des modalités d'intervention couplée avec des engagements de régulation de la production des pays membres. 

La loi de libéralisation de l'économie (dite loi LME) elle aussi votée sous le précédent gouvernement a été très favorable aux grandes surfaces commerciales et a gravement déséquilibré les rapports de force au détriment des producteurs. La récente loi Hamon vise à corriger ces dérives en imposant notamment une clause de renégociation en cas de baisse des prix qui malheureusement ne peut s'appliquer dans ce cas précis. Il faut certainement aller plus loin dans l'encadrement législatif des rapports commerciaux agricoles.

Plus localement, la valorisation du lait AOP ne procure qu'une plus-value insuffisante par rapport au lait conventionnel et il faut certainement trouver les moyens de renforcer la valeur ajoutée dégagée par les fromages AOP pour une répercussion sur le prix du lait lui-même. Vaste chantier qui est pour l'essentiel interne à la profession. De même, la promotion de la production bio est aussi une piste prometteuse. Dans les exploitations qui le peuvent, AOP et bio me paraissent être les perspectives les plus concrètes et efficaces pour une valorisation correcte et durable du lait cantalien.

Mais il faut gérer l'urgence, et donc aller au-delà des mesures déjà prises (baisse des charges, effets positifs de la nouvelle PAC pour les régions de montagne comme la nôtre, CICE et pacte de responsabilité) notamment pour les jeunes agriculteurs qui ont souvent à supporter le poids considérable du remboursement des investissements qu'ils ont consentis.

Le message que m'ont fait passé les éleveurs cantaliens ce matin consiste à demander une intervention plus forte de la puissance publique et donc du ministre de l'agriculture dans la résolution de cette crise. Ils m'ont indiqué trois pistes :

- engager immédiatement des sanctions effectives pour les transformateurs et distributeurs qui ne tiennent pas leurs engagements,

- procéder à une régulation du marché international du lait, pourquoi pas par la levée de l'embargo russe,

-créer un soutien spécifique au lait de montagne non AOP et non bio afin de lui donner une valorisation par rapport au lait conventionnel de plaine. 

La discussion avec la trentaine d'agriculteurs réunis ce matin sur l'exploitation de Jean-Paul Peyral a été très instructive et les échanges très courtois et constructifs. Je serai en tous cas le relais de la situation intenable des producteurs laitiers (sachant que les filières bovine et porcine sont elles aussi en crise) auprès du ministère même si les solutions à long terme passent aussi par des accords internes aux filières et par la responsabilité des transformateurs et des distributeurs.

Cet échange a également permis de mettre le doigt sur la contradiction majeure de notre agriculture de montagne : d'un côté le libéralisme extrême souhaité par la majorité des pays européens qui ne résonne qu'à travers l'offre et la demande, de l'autre la nécessité absolue d'une intervention publique forte qui passe par des subventions mais aussi par la régulation des volumes. Si en économie le libéralisme exacerbé pénalise toujours les plus faibles, c'est encore plus vrai en agriculture.

La détresse de nos agriculteurs doit être entendue, à condition qu'elle ne passe pas par la violence ou des dégradations du domaine public ou privé. L'élevage est en effet un élément essentiel du développement économique et social de notre département, de l'emploi, de l'aménagement de notre territoire, des paysages, et le maillon essentiel de la chaîne sur lequel repose notre économie agroalimentaire.

Dans l'attente des conclusions du médiateur des relations commerciales agricoles sur le non-respect des engagements pris par les transformateurs et distributeurs qui seront remises mercredi prochain, le Ministre de l'Agriculture a déjà pris des mesures, notamment la mise en place dans chaque département d'une cellule de crise, sous l'autorité du préfet, chargée de soutenir au cas par cas les exploitations les plus en difficulté.

Dès aujourd'hui, je transmets à Stéphane Le Foll le compte rendu de cette visite, en lui indiquant l'état d'exaspération extrême des agriculteurs que j'ai rencontrés ce matin et la nécessité de réponses urgentes pour faire face à cette crise profonde.